La radiographie de l'Abdomen Sans Préparation (ASP) a été longtemps considérée comme l'examen d'imagerie indispensable à la stratégie diagnostique d'un certain nombre de conditions cliniques, abdominales et digestives, notamment en urgence.
L'évolution des techniques d'imagerie, et particulièrement de l'imagerie en coupes à commencer par la TomoDensitoMétrie (TDM) et l'échographie, a modifié ces stratégies et doit faire abandonner le recours à l'ASP dans la plupart des situations cliniques qui constituaient ses indications traditionnelles.
L'ASP apporte rarement les éléments diagnostiques indispensables à la prise en charge. Il est inutile et sur-irradiant lorsqu'il doit être complété, souvent très rapidement, par une technique plus précise, la TDM notamment. Demandé dans ces conditions, l'ASP reste un examen inutilement coûteux : 35,2 millions € pour 1 133 000 d'actes réalisés au plan national sur l'année 2007 (données CCAM) !
Parce que l'ASP a une sensibilité médiocre, il est un examen potentiellement dangereux, car à tort rassurant, dans bon nombre de situations d'urgence : il est illusoire, par exemple, d'espérer voir sur un ASP les quelques bulles d'air extra digestif, parfaitement démontrées sur une TDM, qui attestent de la perforation digestive par diverticulite, ulcère ou lésion traumatique et réorientent en urgence la prise en charge.
Il n'est guère que l'exploration d'un corps étranger (présumé radio-opaque, ingéré ou introduit par voie basse, accidentellement ou volontairement…), qui reste aujourd'hui une indication première de l'ASP. |
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Diverticulite sigmoïdienne perforée

TDM coupe axiale transverse :
mise en évidence de petites bulles de gaz en sous phrénique gauche (flèches «1») et dans le pédicule hépatique (flèche «2»).

TDM en reconstruction coronale montre l’importance de la diverticulite sigmoïdo-colique gauche, avec bulles de gaz extra digestives et importants remaniements de la graisse péri colique ; noter la petite bulle piégée dans le pédicule hépatique (flèche).
Ces petites bulles (flèches) correspondent à un pneumopéritoine
par perforation dans la grande cavité péritonéale, imposent un traitement chirurgical en urgence, et ne peuvent pas être vues
sur un ASP.
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Ces données, détaillées indication par indication, ont fait l'objet de recommandations qui viennent d'être publiées par la HAS en janvier 2009, spécifiquement pour l'adulte et l'enfant.
Chez l'adulte elles doivent faire abandonner aujourd'hui la plupart des demandes d'ASP et les faire remplacer par la TDM ou l'échographie. Chez l'enfant l'exploration abdominale repose sur l'échographie, dont les résultats doivent parfois être complétées par un ASP, dans des indications qui restent précises et limitées.
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