Du 29 septembre au 1er octobre 2011 a eu lieu au Corum le 32e cours du Groupe d'Etude et de Recherche en Dermato-Allergologie (GERDA) dont l'organisatrice était le Dr Nadia Raison-Peyron, praticien hospitalier spécialisée en dermato-allergologie, dans le département de Dermatologie. Il a rassemblé plus de 400 participants, dermatologues, allergologues et médecins du travail, de France mais aussi de Belgique, de Suisse, du Canada.
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Les thèmes abordés cette année étaient centrés sur les pathologies professionnelles et environnementales, les allergies aux cosmétiques, aux médicaments et aux biomatériaux. Des sujets dont on entend beaucoup parler dans les médias ont été traités.
Les parabens sont-ils dangereux pour la santé ?
Les études analysées par plusieurs groupes européens dans les domaines de l'aliment, des cosmétiques et du médicament ont conclu qu'il n'y avait pas d'argument scientifique irréfutable en faveur du rôle des parabens dans le cancer du sein. En ce qui concerne l'éventualité d'une activité hormonale des parabens, le méthyl et l'éthyl-parabens sont sans risques aux doses utilisées, le propyl et le butyl-parabens sont toujours en investigation. Des études expérimentales complémentaires doivent être mises en œuvre, dans le but de mieux préciser le risque sur la fertilité pour l'homme exposé durant son enfance, en termes de dose, de seuil de toxicité, de durée d'exposition et de réversibilité de l'atteinte après arrêt de l'exposition. En matière d'allergie de contact, les parabens sont des conservateurs bien connus pour leur très faible pouvoir allergisant alors que tout nouveau produit de substitution mis sur le marché expose à des surprises pas toujours bonnes.
Vaccins et allergie
Une mise à jour sur les allergies aux vaccins, sujet remis au goût du jour lors de l'épidémie de grippe H1N1 a été également faite. Un accent particulier a été mis sur l'aluminium, adjuvant de l'immunité présent dans de nombreux vaccins. En effet, des nodules inflammatoires qui sont des granulomes persistants au point d'injection de vaccins contenant de l'aluminium ont été observés chez de jeunes enfants avec mise en évidence d'une sensibilisation à l'aluminium lors des tests épicutanés. Un des facteurs de risque évoqués serait des injections trop superficielles de la solution vaccinale. Il faudrait donc préférer la voie intra-musculaire moins immunogène que la voie sous-cutanée.
Y a-t-il une alternative au latex d'hévéa ?
Le latex de guayule pourrait être une alternative de substitution au latex d'hévéa, bien connu pour ses protéines allergisantes notamment dans le milieu professionnel de la santé. Une présentation d'un haut niveau scientifique a été faite par un chercheur en agronomie du CIRAD de Montpellier (S. Palu). Le guayule est une plante buissonnante originaire du Mexique. Les régions du Sud de l'Europe seraient également propices à sa culture. Un projet d'étude européen est en cours auquel participe le CIRAD de Montpellier.
Des angioedèmes de plus en plus fréquents
Une intervention particulièrement intéressante a porté sur les angioedèmes à bradykinine d'origine médicamenteuse (Dr A. Du Thanh). On connaît bien les angioedèmes sous IEC mais de nouveaux médicaments utilisés dans le diabète de type 2 seraient également à risque, les gliptines. Comme pour les IEC qui inhibent une kininase, l'enzyme de conversion de l'angiotensine, le mécanisme d'action des gliptines résiderait dans une diminution de l'activité d'une autre kininase, favorisant ainsi l'accumulation de bradykinine, responsable de l'angioedème, avec certainement une susceptibilité génétique. Certains patients diabétiques prenant à la fois des IEC et des gliptines auraient ainsi un risque accru d'angioedèmes, potentiellement graves notamment dans leur localisation laryngée. Ces cas sont de plus en plus souvent observés dans les consultations du centre de référence situé dans le service de dermatologie.
Il faut remercier la région Languedoc-Roussillon pour le soutien important qu'elle a apporté à ce congrès médical. |