Cancérologie

Prendre le cancer à la gorge

A l’occasion de la semaine européenne de sensibilisation et de prévention des cancers ORL, les médecins du CHRU de Montpellier et de l’ICM alertent le grand public sur les comportements à risques

Les cancers ORL se situent au 5ème rang des cancers les plus fréquents en France avec une mortalité qui reste élevée malgré les progrès réalisés dans leur prise en charge (près de 5000 patients par an).

Parce qu’il est important d’informer l’ensemble de la population sur les facteurs de risques et les signes d’alerte, tous les professionnels impliqués dans la prise en charge de ces cancers organisent, pour la 3ème année, dans toute l’Europe, une semaine de sensibilisation et de prévention « Make Sense » (http://makesensecampaign.eu/fr).   

 

Dans le cadre de cette campagne, les médecins de l’ICM et du CHRU de Montpellier souhaitent alerter le grand public sur les comportements à risques et inciter à consulter dès l’apparition des premiers symptômes.

 

Les principaux facteurs de risques

 

La consommation d’alcool et de tabac sont les principaux facteurs de risques des cancers ORL :

> Les fumeurs présentent plus de risques que les non-fumeurs.

> Les hommes qui boivent plus de 3 verres par jour, et les femmes qui boivent plus de 2 verres par jour ont significativement plus de risques de développer un cancer ORL.

 

Ces cancers peuvent donc être évités en modifiant les comportements.

Le CHRU et l’ICM disposent chacun d’une Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie (ELSA) pour accompagner les personnes qui le souhaitent dans la diminution ou l’arrêt de la consommation de tabac et de l’alcool.

 

Elsa CHRU : Dr Vincent FAUCHERRE 04 67 33 99 61

 

Le virus HPV : facteur de risque moins connus

 

On sait désormais que les papillomavirus humains (HPV) jouent un rôle dans la formation de certains cancers de l’oropharynx, mais aussi de la bouche, et cela indépendamment de l’alcool ou du tabac bien que leur association se potentialisent.

S’il existe une association entre certaines habitudes sexuelles et le risque de carcinome induit par l’HPV au niveau de l’oropharynx, les mécanismes exacts de cette relation ne sont encore clairement établis.

 

Ces cancers de l’oropharynx liés à HPV généralement localisé sur la base de la langue, ou sur les amygdales, semblent plus sensibles aux traitements, qu’il soit chirurgical ou médical par radiothérapie ou association radio-chimiothérapie. Ainsi, la présence de HPV, dans les cancers ORL, est associée à une augmentation de la probabilité de survie de 20 % à 2 ans  et de 25 % à 5 ans par rapport à un carcinome épidermoïde de l’oropharynx non HPV-induit.

 

Cette nouvelle épidémiologie nécessite de redéfinir les stratégies thérapeutiques et constitue un axe de recherche à part entière.

Les équipes médicales attendent les résultats des campagnes de vaccination au sein de la population féminine pour le cancer du col de l’utérus afin dévaluer si cette protection est aussi efficace pour les cancers oropharyngés en rapport avec l’HPV.

 

 

Les signaux d’alertes à ne pas négliger

 

Un diagnostic précoce avec une prise en charge à un stade peu évolué améliorent le pronostic. Il est primordial de consulter dès que les signes d’alerte (douleur de la langue, aphte persistant, enrouement de gorge, difficulté et/ou douleur à avaler, obstruction nasale avec saignement, masse ou ganglion cervical) persistent plus de trois semaines.

En effet, ces symptômes ressemblent beaucoup à ceux d'une affection grippale et sont souvent considérés comme des signes banals. Ces symptômes doivent être considérés comme des signes d'alarme et leurs persistances doivent faire consulter.

 

Diagnostic et bilan

 

Suite au dépistage, ou sur des signes évocateurs, un premier bilan est réalisé, associant :

·         un examen clinique et une endoscopie par un médecin ORL;

·         une imagerie généralement par scanner, couplé à une IRM et/ou un TEP-scanner;

·         des examens de diagnostic histologique (biopsie) sur les zones suspectes.

 

Une fois le diagnostic établi, une proposition de traitement est établie lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire qui regroupe les spécialistes concernés d’imagerie, de chirurgie, d’oncologie médicale et de radiothérapie. Cette proposition prend en compte le stade de la maladie et sa localisation ainsi que l'état général de santé du patient et son choix éclairé quant aux possibilités thérapeutiques.

La chirurgie est proposée seule pour les petites tumeurs (inférieur à 1 cm) pour lesquelles aucun envahissement ganglionnaire n’est retrouvé. Pour les tumeurs plus évoluées, une radiothérapie post-opératoire est le plus souvent nécessaire. Elle est généralement associée à une chimiothérapie post-opératoire, lorsque la tumeur est très volumineuse, lorsque les bords du tissu retiré présentent des cellules cancéreuses ou lorsque l’envahissement ganglionnaire est important.

Suivant les cas, la chirurgie peut être réalisée avec l’aide du robot chirurgical Da Vinci ou au LASER. Quand cela est possible, l’intervention est réalisée en ambulatoire. Les cas les plus avancés peuvent nécessiter un geste de reconstruction réalisée par les équipes de chirurgie maxillo-faciale et plastique.

Des traitements alternatifs combinant radiothérapie et chimiothérapie permettent d’éviter dans certaines situations des chirurgies lourdes et mutilantes.

 

Une prise en charge concertée, complète et transversale

 

Les patients du Languedoc-Roussillon bénéficient, à Montpellier, d’une prise en charge concertée, complète et transversale des cancers ORL, unissant les équipes du CHRU de Montpellier et de l’ICM, auxquelles s’associent également des praticiens de la Clinique Beausoleil.

 

En effet, toutes les équipes médicales concernées (chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes, biologistes, addictologues…) travaillent ensemble pour offrir aux patients les meilleurs traitements contre la maladie. Ainsi, le diagnostic et la chirurgie s’effectuent au CHRU, les chimiothérapies et séances de radiothérapie à l’ICM. Les deux établissements proposent également une offre de soins complémentaires pour accompagner au mieux les patients concernés (addictologie, aide au sevrage et à la réduction des consommations d’alcool et de tabac, nutrition, rééducation, orthophonie, …).

 

Perspectives d’avenir

 

Le développement de la recherche clinique s’articule autour de deux objectifs : optimiser les taux de guérison et améliorer la qualité de vie des patients. Ce second axe implique de diminuer les séquelles des différentes composantes du traitement.

 

> La chirurgie

Ces dernières années le robot a fait son entrée au bloc opératoire, permettant des interventions dites mini-invasives dans de multiples spécialités chirurgicales. La chirurgie avec assistance robotique offre de nouvelles possibilités thérapeutiques en chirurgie carcinologique ORL. Des études sont menées pour préciser la place de la chirurgie avec assistance robotique dans la prise en charge des patients présentant des lésions de l’oropharynx peu évoluées.

 

 

> La chimiothérapie

Les traitements médicaux bénéficient des progrès réalisés en biologie sur la compréhension des mécanismes de cancérisation. Cela a permis l’émergence de thérapies dites ciblées, qui en prenant en compte les particularités biologiques de chaque tumeur, permettent de proposer des traitements « à la carte » au patient.

 

> La radiothérapie

Les études à venir vont évaluer la place de la radiothérapie stéréotaxique (irradiation de très haute précision) dans les lésions métastatiques en combinaison avec la chimiothérapie. Des projets sont aussi en cours quant à l’optimisation de la dose d’irradiation, en affinant le volume d’irradiation en fonction des données biologiques de la tumeur évaluées par TEP scanner à l’initiation et en cours de traitement.

L’arrivée de nouveaux rayonnements comme les protons devraient repousser encore les limites des possibilités d’irradiation compte tenu de leurs particularités radiobiologiques.

 

> Les soins de support et la nutrition

Le pôle transversalité et soins de support de l’ICM a initié de larges études que ce soit en nutrition ou dans l’étude de l’apport de l’activité physique et du réentrainement à l’effort durant et au décours du traitement. Une prise en charge spécifique est initiée précocement pour prévenir au mieux l’apparition des effets secondaires avec les équipes de kinésithérapie et d’orthophonie.

 

> Projets spécifiques

Des études originales pour certaines localisations présentant des caractéristiques anatomiques ou biologiques spécifiques sont également établies, comme pour les cancers des glandes salivaires, les cancers des sinus de la face ou les cancers du cavum (rhinopharynx). Ces études permettront de mieux définir les stratégies de prise en charge dans ces localisations complexes.

 

> La prise en charge des patients âgés : un réel défi avec un nouvel ELAN

30 % des cancers ORL affectent les patients âgés de 70 ans ou plus. Or, la perte de réserve physiologique avec l’âge expose à des risques de complications plus importantes que chez les sujets plus jeunes. Dans cette population, les principales difficultés sont d’évaluer le rapport bénéfice/risque des traitements en gardant un objectif de qualité de vie.

Il est donc essentiel d’identifier ces patients fragiles grâce à une évaluation multidisciplinaire des facteurs de fragilité : les polypathologies associées, l’autonomie, et aussi les conditions de vie familiales et sociales.

Le projet ELAN qui est soutenu par l’Institut National du Cancer dans le cadre du Programme d’Actions de Recherche Intégrées sur les cancers des voies aéro-digestives supérieures (PAIR VADS), en partenariat avec l’ARC et la Ligue contre le cancer a pour but de mieux définir les modalités de cette prise en charge par une approche pragmatique

 

 

Se mettre à table en famille, pouvoir manger, boire sans fausse route et s’exprimer naturellement, en bref, vivre comme avant la maladie est l’objectif essentiel des professionnels prenant en charge les patients atteints de cancers.

 

Mais quelle que soit la nature des progrès, la prévention et le dépistage précoce restent des éléments déterminants de la réussite du traitement. 

 

 

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Publié le 15/09/2015

 

  

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