Prise en charge

Chirurgie ambulatoire : l’équipe médicale chirurgicale et anesthésique nous donne son avis.

La chirurgie ambulatoire est un mode de prise en charge qui n’a plus rien de « substitutif » à la prise en charge classique.

Les techniques opératoires et anesthésiques ont permis d’inverser la tendance et de propulser la chirurgie ambulatoire comme la prise en charge à proposer. La prise en charge classique est passée au statut de chirurgie alternative pour une majorité d’interventions.

 

Bénédicte Delye, anesthésiste au bloc NSTC, précise : « Les produits anesthésiques d’élimination rapide et avec moins d’effets indésirables ainsi que les techniques d’anesthésie locorégionales ont permis le développement de l’ambulatoire. Sans ces produits et ces techniques, ce développement n’aurait pas pu prendre l’essor tel qu’on le connait aujourd’hui ! »

 

« Certes les techniques ont évolué mais ce qui a fondamentalement changé c’est la volonté des patients à devenir acteur de leur intervention. Ce changement de mentalité permet une mise en œuvre de protocole de récupération rapide approprié pour lui permettre un retour à domicile serein, accompagné en aval par une équipe pluridisciplinaire » nous explique Kifah Khouri, neurochirurgien.

 

« En dehors de la chirurgie carcinologique, la chirurgie ambulatoire devrait rapidement devenir la règle en chirurgie ORL » estime Alain Uziel, chirurgien ORL.

Christophe Dadure, anesthésiste au bloc de Lapeyronie considère que la prise en charge ambulatoire est la meilleure qui puisse être proposée à un enfant âgé de plus de 6 mois. « Elle permet d’éviter la "désocialisation" de l’enfant en minimisant les retentissements postopératoires de cette hospitalisation. Les techniques d’anesthésie et d’analgésie dont nous disposons actuellement permettent une gestion sûre et efficace de cette prise en charge »

S’il  est clair que ce mode de prise en charge a conquis nombre de spécialités et de gestes, grâce aux avancées technologiques, l’éligibilité du patient reste le point clé. Outre, les problèmes de déserts médicaux à proximité du domicile, l’isolement social du patient est un critère d’inéligibilité rédhibitoire.

 

On comprend alors que la chirurgie ambulatoire n’est plus seulement un problème de « technique opératoire » mais bien un mode de prise en charge qui tient compte de l’environnement du patient dans son individualité qui lui est propre.

Afin de garantir la sécurité du patient, ce mode de prise en charge va plusieurs fois s’assurer de l’éligibilité du patient. Une première fois, lors de la consultation faite par le chirurgien, dans un dialogue singulier, le chirurgien doit s’assurer que médicalement et socialement le patient est en capacité de pouvoir subir une intervention chirurgicale et rentrer chez lui le jour même. Les critères d’exclusion sont clairs : comorbidité ASA3[1] non équilibré et 4, patient socialement isolé, sans domicile, pas d’établissement d’urgence à moins d’heure.

Une deuxième fois, lors la consultation d’anesthésie, ces critères vont à nouveau être évalués. In fine, l’anesthésiste donnera son accord ou pas pour ce mode de prise en charge.

  

Guillaume Captier, chirurgien plastique en pédiatrie, considère que cette information réitérée plusieurs fois (chirurgien, anesthésiste, soignant) permet de tranquilliser les enfants mais également les parents. Ils se sentent guidés et accompagnés. « Il faut se rappeler qu’il est toujours difficile pour des parents de confier son enfant à une tierce personne et encore plus dans un acte de soin ! Cette démarche d’information permet de rassurer tout le monde. Le jour de l’intervention, l’organisation de l’unité de chirurgie ambulatoire est telle que les parents se sentent attendus et accueillis. Nous devrions tirer quelques enseignements de cette organisation pour les appliquer dans les unités d’hospitalisation classique. »

 

« Un patient bien informé sera un patient qui va respecter les consignes car il aura compris son parcours de soins : il devient acteur de sa prise en charge. Il est clair qu’avec des patients fragiles, en difficulté sociologique, la prise en charge en ambulatoire doit être réfléchie afin de garantir une prestation de qualité » précise Nathalie Bernard, anesthésiste au bloc de Lapeyronie.

  

Lorsque la décision est prise de prendre en charge un patient en ambulatoire, toute l’organisation de l’unité de chirurgie ambulatoire qui va accueillir le patient, n’aura de cesse d’anticiper tout ce qui peut l’être pour garantir une prise en charge de qualité en toute sécurité.

« Il est clair que ce mode de prise en charge demande un changement d’organisation dans le séquencement des interventions au bloc opératoire. Il est essentiel que les interventions de type ambulatoire soient programmées le matin dès les premiers créneaux de libre afin de garantir la sortie du patient au plus tôt et ce, en toute sérénité » explique Bertrand Coulet, chirurgien orthopédiste.

  

Bénédicte Delye insiste : « Donner l’ordonnance dès la consultation préopératoire permet au patient d’anticiper son traitement de retour à domicile ! Il peut tranquillement aller chercher ses médicaments à la pharmacie bien avant le jour de son intervention. Le patient est acteur de son parcours ambulatoire et il est rassuré ».

 

La chirurgie ambulatoire est une véritable innovation dans la prise en charge et le soin. Au regard des équipes médicales, tout laisse à penser que la chirurgie ambulatoire a de longues années devant elle.

 

 

(1) AMERICAN SOCIETY OF ANESTHESIOLOGISTS

 

 

 

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