Mois Sans Tabac

Faisons le point sur les substituts nicotiniques !

La prise en charge du sevrage tabagique comporte plusieurs aspects : la motivation du patient, le renforcement positif psycho-comportemental, le suivi dans la durée par un tabacologue, le médecin traitant ou un soignant impliqué dans l'arrêt du tabac. Quand cela ne suffit pas, le praticien peut s'appuyer sur des traitements pharmacologiques d'aide à l'arrêt qui ont prouvé leur efficacité.

Les traitements de substitution, comment ça marche ?​

 

Quelle que soit leur forme, ils obéissent au même principe : diffuser de la nicotine au cerveau de manière lente et régulière, contrairement aux pics que procure la cigarette. Avec une dose adaptée, la substitution permet au fumeur de se libérer petit à petit de sa dépendance physique et d'éviter les symptômes de manque.

 

Les substituts nicotiniques doublent, voire triplent les chances de sevrage tabagique à 1 an : selon une méta-analyse Cochrane, la prise de nicotine augmente de 50 à 70 % la probabilité d'arrêter de fumer par rapport à l'absence de traitement ou à un placebo.

 

La durée d'un traitement substitutif est en théorie de 6 semaines à 6 mois selon les personnes et leur degré de dépendance, mais il peut être prolongé en fonction de l'avancée du processus de sevrage. Progressivement, les doses seront diminuées.

 

L'utilisation conjointe de plusieurs formes de substituts nicotiniques est admise et l'efficacité du traitement est alors renforcée, cela permet la gestion de charges émotionnelles imprévues, d'envies compulsives.

 

Il n'y a pas de contre-indication à l'utilisation des substituts nicotiniques chez les fumeurs, qui sont en règle générale bien tolérés même dans les cas de pathologies sévères. Ils peuvent être prescrits dès les premières heures de prise en charge d'un patient victime d'un infarctus du myocarde.

 

Leur utilisation doit par contre se faire sous contrôle médical chez les femmes enceintes ou qui allaitent. Ces traitements d'aide à l'arrêt peuvent être prescrits à partir de l'âge de 15 ans.

 

 

Les patchs, comment ça marche ?

 

Un timbre autocollant diffuse lentement la nicotine au travers de la peau vers la circulation sanguine veineuse et le cerveau, ce qui maintient une titration en nicotine régulière et réduit ou supprime les impressions de manque.

 

Le dosage initial est établi en fonction de 2 critères :

- l'intensité de la dépendance tabagique, nombre de cigarettes fumées, test de Fagerström

- la mesure du Monoxyde de Carbone (CO) expiré.

 

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​TEST : Ma dépendance physique au tabac

 

La dépendance physique correspond à un besoin physiologique de fumer. Plus simplement : votre corps et votre cerveau en ont besoin. Cette dépendance est due aux substances présentes dans le tabac, notamment la nicotine, et se traduit, lorsque vous ne fumez pas, par une sensation de manque désagréable.

 

En faisant le test ci-dessous, vous connaîtrez votre niveau de dépendance.

 

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Les patchs ont tous le même principe mais des cinétiques différentes : Absorption sur 24 heures : en 21, 14, 7 mg

Absorption sur 16 heures : en 25, 15, 10, mg

 

L'effet commence à être perceptible 30 minutes environ après la pose.

 

 

Les comprimés et les gommes, comment ça marche ?

 

Les gommes doivent être sucées pendant quelques minutes, puis mâchées lentement en faisant des pauses. Mâchées trop vite, elles peuvent faire saliver, provoquer des hoquets, des maux de gorge ou des brûlures d'estomac. Utilisées correctement, les gommes à mâcher libèrent lentement une partie de la nicotine qu'elles contiennent. Elles ne sont pas conseillées en cas de problèmes ou d'appareils dentaires.

 

Les comprimés à sucer ou à faire fondre sous la langue sont largement utilisés et appréciés des fumeurs, leur principe est le même que pour les gommes. Laisser fondre sans croquer, en trois à cinq minutes, l'effet se fait sentir et l'envie de fumer s'estompe.

 

Le nombre de comprimés ou de gommes à utiliser par jour varie en fonction du degré de dépendance, il doit être suffisant pour combler convenablement le manque de nicotine au cours de la journée.

 

 

L'inhaleur, comment ça marche ?

 

Il se présente sous la forme d'un tube en plastique blanc ressemblant à un « fume cigarette » qui s'ouvre en deux pour recevoir une cartouche contenant un tampon imprégné de nicotine. En inspirant par l'embout, une petite quantité de micro gouttelettes de nicotine est projetée sur la muqueuse buccale où elle sera absorbée. Les cartouches contiennent 10 mg de nicotine, les fumeurs aspirent des doses tout au long de la journée et la cartouche sera alors changée. En début de sevrage, l'utilisation de plusieurs cartouches par jour est possible.

 

Cette forme de substitution est intéressante chez les personnes qui ont du mal à se séparer de la gestuelle, avec un besoin de combler un manque oral.

 

 

Le Spray buccal, comment ça marche ?

 

La nicotine est rapidement absorbée par la muqueuse buccale, avec un soulagement dès 60 secondes après la pulvérisation de l'envie irrésistible de fumer ou « craving ».

 

Le flacon contient 150 doses de 1mg, le fumeur peut prendre 1 voire 2 pulvérisations, toutes les 30 mn à 1 heure. Son goût est très mentholé et piquant.

 

Toutes ces formes orales permettent une meilleure gestion du « craving », dont l'intensité est élevée dans les premiers jours de sevrage et cause de rechute.

 

 

Et simplement baisser sa consommation de tabac, ça marche ?

 

La réduction de consommation sous traitement est très souvent proposée aux fumeurs qui ne sont pas prêts à un arrêt total. L'intérêt est de diminuer l'intoxication au monoxyde de carbone (CO), d'augmenter la confiance en soi du fumeur et ainsi les chances d'arrêt à plus long terme.

 

Les substituts nicotiniques associés ont toute leur place dans cette stratégie thérapeutique, car il est facile de moduler les doses, de varier les formes prises et ainsi d'éviter au fumeur le stress engendré par le sevrage. L'arrêt doit intervenir dans les 6 mois suivant le début du traitement.

 

 

 

La volonté du Ministère de la Santé et des Solidarités de réduire le nombre de fumeurs a conduit à élargir depuis le 26 Janvier 2016, la prescription des substituts nicotiniques aux infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes et chirurgiens-dentistes.

 

Les substituts nicotiniques vont être progressivement pris en charge par l'assurance maladie et seront remboursables à 65 % (le reste par la mutuelle). La liste des substituts déjà remboursables peut être consultée sur le site « ameli.fr ».

 

 

 

Article rédigé par Nathalie LEGENDRE, infirmière tabacologue et le Dr Sonia MERIGEAUD, médecin addictologue.

 

 

 

Publié le 08/11/2018

 

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