Prise en charge

Suspicion d'intoxication à toxidrome opioïde : que faire ?

Attention fentanyloïdes : ou quand le test dépistage opiacés/méthadone est négatif mais que la clinique persiste et reste évocatrice d’une intoxication aux opiacés !

Les dérivés synthétiques du fentanyl se nomment les fentanyloïdes : 17 substances différentes (notamment carfentanyl, butyrfentanyl, ocfentanyl…) ont été rapportées entre 2012-2016 au niveau international (UNODC). Depuis 2013, plus de 5000 décès par overdoses ont été répertoriés aux USA avec les fentanyloïdes. En Europe, les premiers cas ont été décrits dans les années 1990 (Suède et Italie), avec une deuxième vague d'overdoses mortelles en Estonie, Finlande, Allemagne, Grèce et Royaume Uni dans les années 2000.

 

Récemment l'analyse toxicologique d'une série d'overdoses par opioïdes en région AuRA a montré la présence de ces dérivés en France, notamment l'ocfentanyl.

 

Quinze fentanyloïdes sont classés stupéfiants sur le tableau I de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961. En France, l'arrêté du 5 septembre 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants a permis l'inscription de ces substances.

 

Ces substances se présentent sous la forme de poudres, de liquides (notamment en spray) voire de comprimés et peuvent être nommés par les usagers « héroïne synthétique ».

 

Le fentanyl et ses dérivés sont des agonistes des récepteurs µ. Le fentanyl est cent fois plus puissant que la morphine et cinquante fois plus puissant que l'héroïne. Les fentanyloïdes peuvent être 100 à 10 000 fois plus puissants que la morphine.

 

La prise en charge des overdoses par un dérivé du fentanyl par naloxone peut nécessiter parfois une dose supérieure à celle utilisée lors des overdoses à l'héroïne, voire des administrations répétées.

 

La recherche des fentanyloïdes par dépistage standard (recherche des opiacés et de la méthadone par méthode immuno-enzymologique) ne permet pas de détecter le fentanyl et ses dérivés.

 

Conduite à tenir : 

 

• Lors de suspicion d'intoxication à toxidrome opioïde :

◦avec test de dépistage opiacé négatif,

◦test au Narcan positif,

◦Naloxone à dose élevée, 

 

• Contacter le toxicologue pour la mise en place de prélèvements conservatoires : les analyses spécifiques seront réalisées hors contexte de permanence des soins.

 

• Contacter le centre d'Addictovigilance pour déclarer le cas.

 

 

Contacts : 

 

Dr C. Eiden, Dr H. Peyrière

Centre Addictovigilance Département de Pharmacologie Médicale et Toxicologie Hôpital Lapeyronie

Téléphone : 04 67 33 67 49 Télécopie : 04 67 33 67 51

Email : pharmacodependance@chu-montpellier.fr 

 

Dr O. Mathieu

Laboratoire de Pharmacologie Toxicologie Département de Pharmacologie Médicale et Toxicologie

Hôpital Lapeyronie

Téléphone : 04 67 33 62 61 Télécopie : 04 67 33 67 51

Email : toxico@chu-montpellier.fr

 

 

 

MAJ 17/07/2018

 

 

  

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