Le CHRU participe à l'aventure de la greffe de visage
Une seule solution : la greffe partielle de visage
Un jeune patient, de la région Languedoc Roussillon, a été victime en mai 2008 d'un traumatisme grave de la face suite à une explosion accidentelle d'une fusée d'artifice. Il a été pris en charge et opéré en urgence par l'équipe de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique de la face au CHRU de Montpellier.
Plusieurs interventions chirurgicales ont ensuite permis de traiter les fractures et de stabiliser les pertes de substances osseuses. Une rééducation intensive a été instaurée pour assouplir les tissus et préparer les gestes de reconstruction.
Le patient présentait alors une perte de substance de la lèvre inférieure, du menton et de la mâchoire inférieure rendant très difficile la vie sociale, l'élocution et l'alimentation.
En octobre 2008, il est apparu que le seul moyen de restaurer le visage de ce jeune homme motivé était de lui proposer une greffe partielle de visage. Le Docteur Jacques Yachouh, Praticien Hospitalier Universitaire dans le service de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique de la face, a contacté le Professeur Devauchelle au CHU d'Amiens, auteur de la première greffe de visage au monde. Après analyse du dossier, son équipe a accepté de prendre en charge le patient.
La greffe du visage a lieu un an et demi après l'accident
Un lourd bilan immunologique, psychologique et préopératoire nécessaire a débuté en collaboration avec les CHU d'Amiens, Lyon et Montpellier.
En mai 2009, le patient est inscrit sur la liste des receveurs potentiels de greffe de visage. C'est le 27 novembre 2009 que commence la greffe de visage car un donneur est retenu.
Lors du premier temps opératoire une équipe chirurgicale a prélevé le greffon sur le donneur, dont le visage est remplacé par un masque en silicone. Pendant ce temps, une autre équipe préparait le patient receveur. Le greffon comportait les tissus des lèvres et du menton, ainsi que la mâchoire inférieure pour la première fois. La greffe a ensuite été fixée, revascularisée et réinnervée.
22 heures pour un nouveau visage
Plusieurs équipes se sont relayées pendant l'intervention : Professeurs Devauchelle et Testelin (CHU Amiens), Professeur Lengelé (CHU Louvain), Docteur Yachouh (CHRU Montpellier).
Les suites opératoires ont été émaillées par un début de rejet malgré un traitement immunosuppresseur bien conduit. Il a pu être résolutif grâce au travail de l'équipe du Professeur Dubernard et son expérience de la transplantation au CHU de Lyon.
Le patient était heureux d'avoir retrouvé un visage "humain".
D'autres interventions chirurgicales seront nécessaires pour améliorer la motricité faciale et réhabiliter la denture du patient. La collaboration des CHU de Montpellier et Amiens va donc se poursuivre.
Un espoir pour les patients défigurés
Cette expérience chirurgicale rare est un formidable espoir pour les patients défigurés mais les indications restent pour l'instant limitées. L'amélioration constante des techniques chirurgicales et des traitements anti-rejets permettra peut être un essor de cette méthode de reconstruction faciale. Le service de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique de la face du CHRU de Montpellier est prêt pour ce projet.