Cancers gynécologiques

Les Cancers pelviens, ou gynécologiques, regroupent les atteintes de l'appareil génital féminin. 

On distingue le Cancer du Col de l'utérus, le cancer de l'endomètre, et le cancer des ovaires.

    source Inca:

    Avec près de 3 000 nouveaux cas estimés en 2008 en France, le cancer du col utérin est la onzième cause de cancer chez la femme. Le pic d’incidence est à 40 ans. Le cancer du col utérin est responsable de près de 1 000 décès annuels. Le pic de mortalité est à 50 ans. La majorité des cancers du col utérin sont des carcinomes parmi lesquels :

    • 80 à 90 % sont des carcinomes épidermoïdes développés à partir de l’épithélium malpighien de l’exocol
    • et 10 à 20 % sont des adénocarcinomes développés à partir de l’épithélium cylindrique qui recouvre le canal endocervical ou endocol.

    l existe également d’autres formes histologiques très rares : sarcomes, mélanomes, lymphomes, tumeurs secondaires. Le cancer du col utérin est, dans la majorité des cas, une affection d’origine infectieuse à évolution lente. Il met en moyenne entre 10 et 15 ans à se développer après une infection génitale persistante par certains papillomavirus humains oncogènes (les génotypes 16 et 18 sont mis en évidence dans 70 % des cancers du col utérin).

    Cette infection, sexuellement transmissible et favorisée par la précocité des rapports sexuels et la multiplicité des partenaires, constitue le facteur de risque majeur de ce cancer. Certains facteurs favorisent la persistance de l’infection, en particulier le tabagisme et l’immunodépression acquise (VIH, traitements immunosuppresseurs). L’infection persistante se traduit ensuite par des lésions histologiques précancéreuses : les néoplasies cervicales intra-épithéliales (ou CIN) de différents grades. Ces lésions peuvent régresser spontanément, persister ou évoluer vers un cancer du col utérin.  

    Du fait de son évolution lente et de l’existence de nombreuses lésions précancéreuses curables, le cancer du col peut être dépisté à un stade précoce et même être prévenu par la détection des lésions qui le précèdent. Le dépistage repose sur un test cytologique : le frottis cervico-utérin (FCU). Ce dépistage est effectué tous les 3 ans après deux FCU annuels normaux chez les femmes de 25 à 65 ans. Tout FCU anormal est suivi d’investigations diagnostiques complémentaires (FCU de contrôle, test Human papillomavirus (HPV), colposcopie-biopsie, curetage de l’endocol, conisation, etc.). Le dépistage des lésions précancéreuses a permis une diminution de moitié de l’incidence et de la mortalité du cancer du col utérin depuis 20 ans. Un dépistage régulier de la population cible devrait permettre de réduire l’incidence de plus de 90 %. En termes de prévention, il existe deux vaccins prophylactiques qui préviennent l’infection par les papillomavirus 16 et 18. Cette vaccination ne se substitue pas au dépistage.  

    Source INCA, référentiel 2010.

    Épidémiologie du cancer de l'endomètre

    Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent en France, se situant au 5e rang des cancers chez la femme en termes d’incidence avec 6 560 nouveaux cas estimés en 2010. Ce cancer survient généralement après la ménopause. L’âge moyen des patientes lors du diagnostic se situe à 68 ans. (…) Les principaux facteurs de risque du cancer de l’endomètre sont l’obésité, le diabète et le traitement par tamoxifène.

    Diagnostic d'un cancer de l'endomètre

    Le diagnostic de cancer de l’endomètre est suspecté devant des saignements après la ménopause, après exclusion d’une pathologie du col par un examen gynécologique. Une exploration échographique pelvienne, sus-pubienne et endovaginale est alors indiquée pour rechercher une hypertrophie endométriale. Celle-ci impose une étude histologique de l’endomètre par biopsie ou après réalisation d'une hysteroscopie curetage. Le diagnostic anatomopathologique de malignité du cancer de l’endomètre doit précéder le bilan d’extension (IRM pelvienne systématique) et la prise en charge thérapeutique.

    Traitement du cancer de l'endomètre

    La chirurgie des cancers gynécologiques, la radiothérapie et la chimiothérapie sont réalisées dans des établissements de santé autorisés (la liste est disponible sur le site internet de l’INCa : www.e-cancer.fr).

    Le CHU de Montpellier possède cette autorisation. La chirurgie est le traitement de référence d’un cancer de l’endomètre tant que le stade et l’état de la patiente le permettent. La chirurgie standard est une hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale. La réalisation de gestes supplémentaires (lymphadénectomie, omentectomie) dépend du stade clinique, du type histologique et du grade. La balance bénéfices/risques (âge, comorbidités, obésité morbide) de ces gestes supplémentaires immédiats ou différés peut y faire renoncer. Les recommandations sont celles de l'utilisation privilégiée de la voie coelioscopique pour les tumeurs limitées au corps utérin (stades I/T1) par rapport à la laparotomie.

    Traitements postopératoires possibles : Radiothérapie externe, Curiethérapie, et Chimiothérapie sont décidés en réunion de concertation pluridisciplinaire après analyse de l'utérus prélevé chirurgicalement.

    Surveillance du cancer de l'endomètre

    La surveillance repose sur l’examen clinique.

      

    On distingue 2 types de tumeurs de l'ovaire: les tumeurs infiltrantes ou cancer de l'ovaire et les tumeurs frontières, ou "Borderline"

     

    Cancer de l'Ovaire

    Epidémiologie des cancers de l'ovaire

    L’incidence des cancers en France en 2008 est estimée à 333 000 nouveaux cas par an, dont 144 000 cas chez des femmes. Le cancer de l’ovaire est la septième cause de cancer chez la femme en incidence avec 4 430 nouveaux cas estimés en 2008 (derrière le cancer du sein, du côlon, du poumon, de la thyroïde, de l’endomètre et les lymphomes non hodgkiniens). L’âge médian lors du diagnostic est de 65 ans. Le facteur de risque le plus important de cancer de l’ovaire est d’origine génétique. Environ 10 % des cancers de l’ovaire surviennent dans un contexte de prédisposition génétique. Ils sont alors souvent liés à une mutation des gènes BRCA 1 ou 2 et surviennent avant 60 ans. Ils seraient de meilleur pronostic, car plus chimiosensibles que les cancers sporadiques. La nulliparité, les règles précoces, la ménopause tardive et l’âge sont également associés à une augmentation du risque. La contraception orale, la grossesse, l’allaitement et la ligature des trompes sont en revanche associés à une diminution du risque de cancer de l’ovaire. La vitesse d’évolution des cancers de l’ovaire est mal connue. Certains possèdent une longue période de latence clinique propice à un diagnostic précoce. D’autres évoluent rapidement vers une dissémination péritonéale.

    Diagnostic d'un  cancer de l'ovaire

    Une tumeur ovarienne peut atteindre un volume important avant de provoquer des symptômes abdominopelviens, qui peuvent être très variés et ne sont jamais spécifiques. Le plus souvent néanmoins, le diagnostic est évoqué alors que le cancer est à un stade avancé. En effet, du fait de la situation anatomique des ovaires, une tumeur ovarienne peut atteindre un volume important avant de provoquer des symptômes qui peuvent être très variés et ne sont jamais spécifiques. Les signes cliniques de découverte d’un cancer de l’ovaire peuvent inclure notamment :

    • un simple inconfort abdominal
    • des douleurs pelviennes ou abdominales
    • une augmentation progressive du volume abdominal due à une masse ou à une ascite
    • des saignements
    • des pertes vaginales anormales
    • des symptômes de compression abdominopelvienne : troubles du transit, subocclusion, faux besoins, symptômes urinaires (impériosités, pollakiurie)
    • plus rarement, un oedème d’un membre inférieur, une phlébite ou une sciatalgie par compression veineuse ou radiculaire
    • une dyspnée qui peut être en rapport avec un épanchement pleural
    • une douleur thoracique
    • une altération de l’état général.

    Devant ce type de symptômes récents et perdurant depuis quelques semaines, il faut :

    • réaliser un examen clinique complet, incluant un examen abdominal, la palpation des aires ganglionnaires et les touchers pelviens (vaginal et rectal)
    • prescrire une échographie abdominopelvienne sus-pubienne et endovaginale.

    Le bilan diagnostique sera complété par

    • si nécessaire un deuxième avis échographique
    • en cas de masse pelvienne indéterminée à l’échographie, une IRM pelvienne avec injection
    • le dosage du marqueur CA-125. Le bilan d’extension repose sur la tomodensitométrie (thoraco)-abdominopelvienne avec injection.

    La prise en charge pluridisciplinaire doit être réalisée sans tarder par une équipe spécialisée au sein d’un établissement autorisé pour la chirurgie des cancers gynécologiques. Le CHU de Montpellier possède cette autorisation. Le diagnostic de certitude de cancer est anatomopathologique.

    Traitement d'un cancer de l'ovaire

    La chirurgie est le premier temps du traitement. Son objectif est la résection complète des lésions cancéreuses. L’absence de résidu tumoral est le principal facteur de pronostic. La chimiothérapie est les plus souvent indiquée à titre adjuvant après chirurgie complète. Lorsque la chirurgie complète d’emblée n’est pas envisageable, une chimiothérapie néoadjuvante est indiquée.

    Surveillance d'un cancer de l'ovaire

    Le suivi des patientes traitées repose sur l’examen clinique et le dosage des marqueurs si initialement élevés, tous les 4 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois, pendant 3 ans puis annuel. Aucun examen radiologique n’est systématique hormis en cas de traitement conservateur. Devant un diagnostic de cancer de l’ovaire avant 70 ans ou avec un contexte familial de cancer du sein ou de l’ovaire, la recherche d’une mutation BRCA1 ou 2 est recommandée.

    Les tumeurs frontières de l'ovaire

    Il s’agit de tumeurs épithéliales de l’ovaire à faible potentiel malin pouvant se présenter sous une forme :

    • limitée à l’ovaire : son traitement est alors conservateur de l'uterus et de l'autre ovaire chez les femmes jeunes sans indication de chimiothérapie
    • avec une extension péritonéale (implants) qui peut être invasive ou non : seuls les implants invasifs peuvent nécessiter une chimiothérapie. Il s'agit d'une lésion de très bon pronostic, à traitement essentiellement chirurgical, et conservant la fertilité le plus souvent.

      

    Coelioscopie, Hysterectomie, Curages, qu'est ce que c'est?

    Vous trouverez sur cette page les informations concernant la chirurgie que vous a proposé votre gynécologue. Cette information vient compléter celle reçue en consultation, sans s'y substituer. Il s'agit des textes explicatifs fournis par le Collège des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF), ou par notre équipe. Suivez l'arboresence sur la gauche.

    La coelioscopie est une chirurgie laissant très peu de cicatrices et permettant des suites post opératoires mieux supportées par les patientes que la chirurgie dite "ouverte". On appelle aussi la coelioscopie la chirurgie "invasive minimale ". Nous considérons toujours en priorité l'abord  par coelioscopie plutôt que par laparotomie (chirurgie ouverte). Le choix de cette voie d'abord se fait  avec pour objectif un traitement optimal tant sur le plan oncologique que post opératoire. Notre approche systématique nous a permis de faire bénéficier de la coelioscopie à l'immense majorité de nos patientes (nous réalisons 900 coelioscopies par an dans notre service). L innovation chirurgicale est au centre de notre volonté de personnaliser les traitements dès le début pour améliorer la qualité de vie des patientes.

    Qu'est-ce qu'une coelioscopie ?

    Cette intervention consiste à examiner sous anesthésie générale l'intérieur de l'abdomen, en particulier les organes génitaux (utérus, ovaires, trompes) à l'aide d'un appareil d'optique de quelques millimètres de diamètre introduit par une petite incision au niveau du nombril. Certaines interventions peuvent être réalisées par cette technique à l'aide d'instruments fins introduits par d'autres petites incisions sur le ventre.

    Comment se passe l'intervention ?

    Pour permettre une bonne visualisation, un gaz (gaz carbonique) est introduit dans l'abdomen. Par une petite incision ombilicale, le chirurgien introduit une caméra et visualise ainsi la cavité abdominale sur un écran.

    Parfois, l'intervention s'arrête après cet examen de l'abdomen : c'est une coelioscopie diagnostique. Elle permet de rechercher une anomalie indécelable comme par exemple des séquelles d'une infection génitale ou une endométriose. Au cours de cette intervention, le bon fonctionnement des trompes peut être vérifié par l'injection dans l'utérus d'un produit coloré que l'on peut voir sortir par l'extrémité, ou pavillon, des trompes ("épreuve au bleu").

    Dans d'autres cas, selon les constatations du chirurgien, un geste chirurgical par coelioscopie peut être nécessaire au cours de la même anesthésie, sans ouvrir l'abdomen : c'est une coelioscopie opératoire. D'autres petites incisions (moins de 1 cm) sur l'abdomen sont alors être nécessaires pour introduire des instruments de chirurgie (pinces, ciseaux, matériel de coagulation).  Parfois, le geste chirurgical ne peut être réalisé par voie coelioscopique, une ouverture de l'abdomen est alors nécessaire et réalisée en cours d'intervention.

    Existe-t-il des inconvénients ou des risques ?

    La coelioscopie est une intervention chirurgicale à part entière. Elle nécessite une anesthésie générale et, au minimum, une hospitalisation de jour (entrée le matin et sortie le soir), parfois plus selon les gestes associés. Hormis les effets secondaires possibles de l'anesthésie (nausées, vomissements, somnolence...), certains désagréments peuvent survenir dans la période postopératoire : une douleur de l'abdomen, pouvant s'étendre jusqu'aux épaules, due à la présence de gaz dans le ventre. Au cours ou dans les suites de cette intervention peuvent survenir parfois, au niveau de la cicatrice, un hématome ou une infection (abcès). Le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire est exceptionnel. Très exceptionnellement, des plaies graves des organes internes de l'abdomen (intestins, vaisseaux sanguins, voies urinaires notamment) peuvent se produire et nécessiter la réalisation dans le même temps opératoire, d'une ouverture de l'abdomen et dans certains cas d'une transfusion sanguine. Comme toute chirurgie, cette intervention peut comporter très exceptionnellement un risque vital ou de séquelles graves.

    Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant l'opération. Il est impératif d'en informer votre médecin. Il est impératif d'informer le médecin de vos antécédents (personnels et familiaux) et de l'ensemble des traitements et médicaments que vous prenez.

    En pratique

    Voici comment se déroule l'intervention en général :

    • vous serez hospitalisée la veille ou le matin même de l'opération
    • après une prémédication (tranquillisant), vous serez conduite au bloc opératoire
    • une perfusion sera mise en place puis vous serez endormie (anesthésie générale)
    • la durée d'hospitalisation sera variable selon le type d'intervention réalisée. Pour plus de précisions, demandez à votre médecin
    • des douches sont possibles dès le lendemain de l'opération mais il est recommandé d'attendre une semaine avant de prendre un bain

    Après votre retour à domicile, si des douleurs, des saignements, de la fièvre, des vomissements, ou toute autre anomalie apparaissent, il est indispensable de consulter ou d'en informer votre chirurgien ou celui de garde quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit. Cette feuille d'information ne peut sans doute pas répondre à toutes vos interrogations.

    Dans tous les cas, n'hésitez pas à poser au chirurgien toutes les questions qui vous viennent à l'esprit.

    Système chirurgical da Vinci

    Depuis 2012, le CHU de Montpellier s'est doté de l'assistance Robotique (Système chirurgical da Vinci® S™), de dernière génération avec double console (unique dans la région). Il s'agit d'une plate-forme robotisée qui multiplie les possibilités des chirurgiens pour les interventions chirurgicales complexes et délicates. Le système da Vinci confère au chirurgien des instruments articulés et une caméra 3D haute définition, améliorant encore les possibilités de la coelioscopie conventionnelle. Cet outil innovant apporte de plus grandes libertés de mouvement des instruments habituellement utilisés lors de la cœlioscopie. La visualisation de la cavité abdominale est reproduite en 3D et en haute définition sur l'écran. Il permet aussi une plus grand ergonomie au chirurgien, c'est à – dire une amélioration de confort de travail considérable (position assise au lieu de debout.).

     

    Les gestes opératoires du chirurgien sont filtrés et instantanément convertis en micromouvements extrêmement précis dans les bras du robot par des technologies robotiques et informatiques de pointe. Le système ne peut en aucune façon prendre des décisions de manière autonome. Chaque manœuvre chirurgicale est sous la gouvernance unique du chirurgien. Pour certains cas d’hystérectomies complexes ou d’autres interventions gynécologiques, la chirurgie robotisée à l’aide du robot peut se révéler être l’option de traitement la plus efficace et la moins invasive.

     

    Enfin, il est possible de réaliser certaines interventions par une seule incision ombilicale de moins de 3cm, par l'utilisation d'un Monotrocart, possibilité unique dans la région.

    La pathologie opérée peut alors être extraite par l'incision ombilicale, laissant une rançon cicatricielle de petite taille. (25mm).

    Votre médecin vous a proposé une intervention nommée hystérectomie. Le présent texte a pour but de renforcer les informations qui vous ont été apportées oralement par le médecin afin de vous expliquer les principes, les avantages et les inconvénients potentiels de l’opération qu’il vous a conseillée.

    Qu’est-ce qu’une hystérectomie ?

    L’hystérectomie consiste en l’ablation chirurgicale de l’utérus. Elle comporte également en général l’ablation du col de l’utérus. Il s’agit alors d’une hystérectomie totale. Selon les cas, il peut être nécessaire de réaliser l’ablation des ovaires et des trompes, l’intervention est dénommée dans ce cas hystérectomie avec annexectomie.

    Comment se passe l’opération ?

    L’intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (péridurale ou rachi-anesthésie), selon votre cas et les décisions du chirurgien et de l’anesthésiste. L’intervention peut se réaliser de 3 manières principales :

    • Hystérectomie par voie Coelioscopique (57% dans notre équipe) Dans ce cas, l’intervention est réalisée par coelioscopie, plus ou moins avec un temps voie basse
    • Hystérectomie vaginale (ou par voie basse) (12%, mais uniquement sur pathologies bénignes) L’intervention se déroule alors par les voies naturelles et ne comporte pas d’incision abdominale.
    • Hystérectomie par laparotomie (voie abdominale ou haute) (31%) Dans ce cas, l’intervention est réalisée par une ouverture de l’abdomen, généralement horizontale, parfois verticale, entre le pubis et l’ombilic. Le chirurgien vous précisera le type d’intervention qu’il prévoit pour vous.

    Que se passe-t-il après une hystérectomie ?

    Si vous n’êtes pas ménopausée avant l’intervention

    La principale manifestation après une hystérectomie sera l’absence de règles et l’impossibilité de grossesse, ce qui ne signifie pas que vous serez ménopausée. Si les ovaires sont laissés en place, leur fonction persistera jusqu’à la ménopause naturelle. Vous n’aurez ni bouffées de chaleur ni autre manifestation de ménopause après l’intervention. Si les ovaires sont retirés, l’intervention entraîne une ménopause et vous pourrez avoir ensuite des manifestations telles que des bouffées de chaleur. Vous pourrez discuter avec votre médecin de la possibilité d’un traitement médical substitutif.

    Si vous êtes ménopausée avant l’intervention

    Il n’y aura pas de modification particulière après.

    Dans tous les cas

    L’hystérectomie ne modifie pas la possibilité ni la qualité des rapports sexuels. Il n’y a aucune raison que vous ayez des manifestations telles qu’une prise de poids ou une dépression, quelquefois imputées à l’hystérectomie.

    Y a-t-il des risques ou des inconvénients ?

    L’hystérectomie est une intervention courante et bien maîtrisée dont le déroulement est simple dans la majorité des cas. En cours d’opération, la voie d’abord peut être modifiée selon les constatations faites au cours de l’intervention. Une ouverture de l’abdomen peut parfois s’avérer nécessaire alors que l’intervention était prévue par voie basse ou par coelioscopie. Des lésions d’organes de voisinage de l’utérus peuvent se produire de manière exceptionnelle : blessure intestinale, des voies urinaires ou des vaisseaux sanguins, nécessitant une prise en charge chirurgicale spécifique. Dans le cas exceptionnel d’hémorragie pouvant menacer la vie de la patiente, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être rendue nécessaire. Dans les suites de l’intervention, les premières 24 heures sont souvent douloureuses et nécessitent un traitement antalgique puissant. Parfois, un hématome ou une infection (abcès) de la cicatrice peut survenir, nécessitant le plus souvent de simples soins locaux. Il n’est pas rare qu’une infection urinaire, généralement sans gravité, survienne après une hystérectomie. Sauf cas particulier, un traitement anticoagulant est prescrit pendant la période d’hospitalisation afin de réduire le risque de phlébite (formation d’un caillot dans une veine des jambes) ou d’embolie pulmonaire. Exceptionnellement, une hémorragie ou une infection sévère peut survenir dans les jours suivant l’opération et nécessiter une réintervention. Comme toute chirurgie, cette intervention peut comporter très exceptionnellement un risque vital ou de séquelles graves. Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant l’opération. Il est impératif d’informer le médecin de vos antécédents (personnels et familiaux) et de l’ensemble des traitements et médicaments que vous prenez.

    En pratique

    Avant l'opération

    • une consultation pré-anesthésique doit être réalisée systématiquement avant toute intervention
    • le plus souvent, vous serez hospitalisée la veille de l’opération
    • après une prémédication (tranquillisant), vous serez conduite au bloc opératoire
    • une perfusion sera mise en place puis l’anesthésie sera réalisée

    Après l'opération

    • vous passerez en salle de réveil avant de retourner dans votre chambre
    • une sonde urinaire ainsi que la perfusion intraveineuse sont généralement laissées en place pour une durée variable
    • après intervention par voie basse, une mèche ou compresse est parfois laissée dans le vagin dans les suites immédiates
    • en cas d’ouverture de l’abdomen, un petit drain (tuyau) est parfois mis en place pour quelques jours sous la paroi de l’abdomen pour éviter un hématome
    • un traitement anticoagulant peut être instauré dans les suites
    • un saignement vaginal modéré est banal au cours de la période postopératoire
    • la reprise d’une alimentation normale se fait en général dans les deux jours suivant l’opération
    • la sortie a généralement lieu entre le 2e et le 7e jour postopératoire
    • des douches sont possibles quelques jours après l’opération mais il est recommandé d’attendre trois semaines avant de prendre un bain.

    Après la sortie

    • il est recommandé d’attendre la visite postopératoire, un mois après l’opération, pour reprendre une activité sexuelle
    • après votre retour à domicile, si des douleurs, des saignements, des vomissements, de la fièvre, une douleur dans les mollets ou toute autre anomalie apparaissent, il est indispensable d’en informer votre médecin.

    Curages pelviens

    L’intervention projetée a pour objectif de prélever les ganglions lymphatiques de drainage de votre utérus pour en faire l’analyse.

    Rappel anatomique

    Le drainage lymphatique de l'utérus se fait par des canaux et ganglions lymphatiques du petit bassin. Suivant le stade de la tumeur et le risque d’atteinte cancéreuse des ganglions, le curage peut être plus ou moins étendu dans le petit bassin de chaque côté.

    Principe de l’intervention

    L’analyse des ganglions prélevés va permettre d’adapter le traitement dans le cas d’atteinte par la maladie cancéreuse.

    Existe-t-il d’autres options ?

    Le curage ganglionnaire peut ne pas être indiqué, en fonction du stade du cancer ou de votre état de santé. Votre Chirurgien Gynécologue vous a expliqué pourquoi cette intervention est utile dans votre cas.

    Technique opératoire

    La consultation d’anesthésie est obligatoire avant l’intervention. Celle ci se déroule sous anesthésie générale et peut être réalisée par une incision sous l’ombilic (voie ouverte) ou par des petites  incisions permettant la mise en place de trocarts par lesquels sont introduits les instruments nécessaires (voie coelioscopique). Les ganglions situés à distance de l'utérus contre les vaisseaux du bassin sont retirés et envoyés pour analyse. Suivant les résultats du bilan de la tumeur et la décision de votre chirurgien, l’étendue du curage peut être plus étendue que dans la procédure classique. Un drain peut être placé en fin d’intervention permettant l’évacuation de sérosités. Une sonde urinaire est mise en place en début d’intervention.

    Analyse anatomopathologique

    Les ganglions sont analysés sous microscope par le médecin anatomo-pathologiste afin de préciser s’ils sont atteints ou non par le cancer. Le résultat est transmis à votre chirurgien après quelques jours. Il vous en fait part lors de la consultation de contrôle.

    Suites habituelles

    La douleur liée à l’intervention peut nécessiter des médicaments antalgiques administrés régulièrement sur la prescription de votre Anesthésiste et/ou votre Chirurgien Gynécologue. Un traitement anticoagulant par injection sous cutanée quotidienne est réalisé afin de prévenir le risque de phlébite et d’embolie pulmonaire. La poursuite d’un traitement anticoagulant est nécessaire après votre hospitalisation. Le port des bas de contention peut vous être prescrit pendant et après votre intervention. Le moment de l’ablation de la sonde urinaire et des drains est variable et défini par le Chirurgien Gynécologue. La durée de l’hospitalisation est de 1 à quelques jours. Vous discuterez avec votre chirurgien de la date de reprise de vos activités.

    Suivi post-opératoire

    Une consultation avec votre chirurgien est programmée afin de vous informer du résultat de l’examen microscopique et de la prise en charge thérapeutique. Risques et complications Dans la majorité des cas, l’intervention qui vous est proposée se déroule sans complication. Cependant, tout acte chirurgical comporte un certain nombre de risques et complications décrits ci-dessous :

    Certaines complications sont liées à votre état général et à l’anesthésie ; elles vous seront expliquées lors de la consultation pré-opératoire avec le médecin anesthésiste ou le chirurgien et sont possibles dans toute intervention chirurgicale. Votre Chirurgien Gynécologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.

    Les complications directement en relation avec l’intervention sont rares, mais possibles :

    • Pendant l’intervention chirurgicale 
      • Hémorragie pouvant imposer une transfusion sanguine.
      • Plaie d’un organe de voisinage : nerf obturateur, vaisseaux iliaques, tube digestif, vessie, uretère nécessitant une réparation immédiate.
    • Après l’intervention 
      • Infection urinaire relevant d’un traitement antibiotique
      • Hématome ou abcès de paroi, qui nécessite des soins locaux et éventuellement une réintervention.
      • Écoulement de lymphe ou collection pelvienne (lymphocèle) lié au prélèvement des ganglions; une réintervention est rarement nécessaire.
      • Eventration sur cicatrice ou sur orifice de trocart.
      • D’autres complications directement en relation avec l’opération par voie coelioscopique sont rares mais possibles : 
        • Blessure d’un organe de voisinage (plaie vasculaire, viscérale ou nerveuse) lors de la mise en place des trocarts
        • Troubles respiratoires ou cardiaques liés à une intolérance au gaz.
        • Embolie gazeuse par diffusion du gaz dans la circulation veineuse
        • Hernie ou incarcération d’une anse digestive dans un orifice de trocart.

    Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles.

    Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle (plaies des vaisseaux, des nerfs et de l’appareil digestif) et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours de cette intervention, le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu par voie coelioscopique pour pratiquer une incision chirurgicale classique (conversion).                                   

    Prélèvement ganglionnaire lombo-aortique d’évaluation pour cancer du col de l'utérus

    Vous allez être prise en charge pour une une tumeur de l'utérus qui comporte un risque d’extension aux ganglions lymphatiques situés autour de la veine cave ou de l’aorte (rétropéritoine). Un curage rétropéritonéal ou transpéritonéal d’évaluation peut vous être proposé pour connaître le degré d’atteinte ganglionnaire et déterminer la suite de la prise en charge.

    Les ganglions retropéritonéaux

    Les ganglions lymphatiques qui drainent l' utérus sont situés en avant de la veine cave inférieure , entre l’aorte abdominale et la veine cave inférieure, au bord gauche et à la face antérieure de l’aorte abdominale.

    Pourquoi cette intervention ?

    L’analyse de la tumeur de l'utérus a détecté la présence de cellules malignes qui exposent à un risque significatif d’atteinte ganglionnaire. Le curage ganglionnaire rétropéritonéal permet de connaître précisément l’étendue de la maladie.

    Existe-t-il d’autres possibilités ?

    Le scanner, l’IRM ou le TEP scanner ne permettent pas toujours d’affirmer l’atteinte de ganglion. Ainsi, le curage rétropéritonéal permet seul de connaître avec exactitude le degré d’atteinte des ganglions qui drainent l'utérus tumoral. Le choix de cette opération tient compte de votre âge, de votre état général et des risques d’évolution générale de la maladie.

    Préparation à l’intervention

    L’intervention se déroule systématiquement sous anesthésie générale. Comme pour toute intervention chirurgicale, une consultation d’anesthésie pré-opératoire est nécessaire quelques jours avant l’opération.

    Technique opératoire

    L’intervention consiste à enlever les ganglions situés dans l’aire de drainage de l'utérus. Elle peut être pratiquée par chirurgie classique incisionnelle ou par coelioscopie. Le choix de la technique est fait en fonction de votre morphologie et de l’expérience de votre chirurgien. Une sonde urinaire peut être mise en place pendant l’intervention pour surveiller la diurèse En fin d’intervention, un ou plusieurs drains pourront être mis en place. Ils permettent de surveiller le site opératoire.

    Suites habituelles

    Vous êtes habituellement autorisée à vous lever dès le lendemain de l’opération et à vous  réalimenter dès la reprise du transit intestinal. Des médicaments antalgiques vous sont administrés régulièrement si besoin. Le moment de l’ablation du ou des drains est variable et est défini par le chirurgien. L’hospitalisation dure en moyenne 3 à 4 jours. Une convalescence de quelques semaines est nécessaire. Vous discuterez avec votre chirurgien de la date de reprise de travail et du suivi après l’opération.

    Risques et complications

    Dans la majorité des cas, l’intervention qui vous est proposée se déroule sans complication. Cependant, tout acte chirurgical comporte un certain nombre de risques et complications décrits ci-dessous. Votre chirurgien gynécologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.

    Certaines complications sont liées à votre état général et à l’anesthésie ; elles vous seront expliquées lors de la consultation pré-opératoire avec le médecin anesthésiste ou le chirurgien et sont possibles dans toute intervention chirurgicale.

    Les complications directement en relation avec l’intervention sont rares, mais possibles.

    Complications précoces :
    • Hémorragie et hématomes: ils peuvent nécessiter des transfusions sanguines, parfois une nouvelle intervention pour contrôler le saignement.
    • Plaie de l’uretère, plaie digestive, qui nécessitent d’être reconnues et traitées.
    • Ascite chyleuse : il s’agit d’un écoulement de lymphe dans l’abdomen qui peut nécessiter des soins prolongés et une alimentation par perfusion pendant plusieurs jours. Une intervention peut être nécessaire pour obturer le canal lymphatique responsable.
    • Lymphocèle : il s’agit d’une collection de lymphe dans la zone opérée. Elle peut être responsable d’un retard de reprise de transit intestinal et nécessiter une ponction évacuatrice sous scanner.
    • La survenue d’une phlébite ou d’une embolie pulmonaire nécessite un traitement anticoagulant curatif intraveineux ou sous cutané qui sera relayé par un traitement oral prescrit pendant plusieurs mois en fonction des contrôles évolutifs.
    Complications tardives :
    • Anorexie prolongée : un soutien nutritionnel est nécessaire.
    • Eventration : elle est d’autant plus fréquente que l’intervention s’est déroulée par chirurgie classique incisionnelle et qu’une complication post opératoire est survenue (hématome ou abcès de paroi). Elle est traitée chirurgicalement. Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles.

    Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle (plaies des vaisseaux, des nerfs et de l’appareil digestif) et peuvent parfois ne pas être guérissables.

    Au cours de cette intervention, le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu par voie coelioscopique pour pratiquer une incision chirurgicale classique (conversion).