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[HOMMAGE] Récit de Christelle MARTIRIS, en renfort sanitaire à Cayenne

15 juin 2020 : la Guyane passe au stade 3 de l’épidémie de coronavirus. Frontalier avec le Brésil, le nombre de cas positifs explose. Les hôpitaux se retrouvent débordés et un appel national est lancé. Un bel élan de solidarité voit le jour et plusieurs centaines de professionnels de santé se portent volontaires.

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On est fin juillet : Christelle travaille en tant qu’aide-soignante au service Rhumatologie, dirigé par le professeur Bernard COMBE, au CHU de Montpellier. Un jour, elle voit passer sur les réseaux sociaux un appel pour renforcer les équipes médicales guyanaises. Sans hésiter et dans cet élan de solidarité,  elle envoie aussitôt sa candidature à l’Agence régionale de santé qui lui répond dès le lendemain. Tout s’enchaîne ensuite très vite. Les démarches administratives sont rapides, les vaccins obligatoires  réalisés. Et trois semaines plus tard, Christelle s’envole pour la Guyane.

On est le 19 août : Les billets dans sa poche et sa valise à la main,Christelle attend son train en gare TGV. Elle pense à sa famille et ses deux enfants de 16 et 20 ans qui  la soutiennent dans ce choix personnel. Elle est la seule du CHU de Montpellier à rejoindre la Guyane à cette date. Elle part retrouver un groupe de soignants à l’aéroport d’Orly. Ils sont 6 au total, venus des quatre coins de l’hexagone, chacun avec la même volonté d’aider les malades sur place. Après 9 heures de vol, dans un avion pratiquement vide, le groupe arrive le soir à l’aéroport de Cayenne Félix Eboué. Des voitures de location les attendent, des boîtes de masques leur sont distribuées, et direction l’hôtel où un briefing est organisé. Le lendemain matin, à  8h30, Christelle est reçue par deux cadres de santé, au Centre Hospitalier de Cayenne Andrée Rosemon, appelé le CHAR. Elle est affectée au SSR  COVID (soin de suite de réanimation) et travaillera en journée pendant des gardes de 12 heures. Christelle se sent bien accueillie et le matériel ne manque pas. Sa présence permet au personnel guyanais de ne pas accumuler trop d’heures et de pouvoir se reposer quand il le faut. Christelle redoute seulement la chaleur équatoriale et l’absence de climatisation dans l’établissement.

Elle sera restée 20 jours aux côtés des équipes cayennaises. Le 7 septembre dernier, après une annulation la veille, son avion décolle en direction de Paris. Fatiguée mais heureuse d’avoir pu contribuer à cette solidarité nationale, elle revient au CHU de Montpellier avec cette force invisible qui lui a permis de  dépasser ses craintes et ses doutes. Lorsque qu’on lui demande si elle repartirait pour lutter contre l’épidémie, elle répond OUI sans hésitation.

Un grand merci à Christelle MARTIRIS, pour son récit et son engagement ainsi qu’à l’ensemble des professionnels de santé du CHU qui s’investissent tous les jours dans cette lutte contre la Covid-19.