Evénement

[Montpellier sans SIDA] : Le CHU mobilisé pour contrôler l’épidémie

Le CHU participe au programme « Vers Montpellier sans SIDA » qui a comme objectif principal de promouvoir la prévention diversifiée de l’infection VIH et des autres infections sexuellement transmissibles dans le cadre d’une stratégie de promotion de la santé sexuelle. Il vise également à augmenter la couverture de la PrEP dans les populations montpelliéraines les plus exposées au risque VIH.

Publié le

Service : Maladies infectieuses et tropicales

Le programme mobilise l’ensemble des acteurs médicaux, paramédicaux, étudiants en santé, associatifs et politiques de la Métropole qui s’impliquent dans la lutte contre le VIH/SIDA de façon optimisée et coordonnée, en prenant en compte les spécificités du terrain, grâce à un ensemble de mesures diversifiées pour la prévention. Ce programme est à l’initiative des acteurs locaux de la lutte contre le VIH, mais l’implication des pouvoirs publics de la Mairie, de l’Agence Régionale de la Santé, et des associations est essentielle. 

« Montpellier sans SIDA » s’inscrit en synergie avec les actions «des villes sans SIDA », menées dans différentes agglomérations françaises dans l’objectif d’une réduction importante de l’incidence et des complications du VIH sur l’ensemble du territoire français. 

 

Bilan et perspectives


L’annonce du lancement de « M sans SIDA » remonte à novembre 2018. Depuis cette date, des analyses sur les besoins en matière de prévention et de lutte contre le VIH ont été réalisées, induisant par la suite des actions concrètes : formation médicales continues des médecins généralistes sur les modalités de la PrEP, stages pratiques au sein du CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic), identification de référents locaux spécialistes des addictions, diversification de l’offre de dépistage du VIH et des IST, actions de communication ….
D’autres actions sont à venir dont notamment la formation et le relais de l’information de préventions diversifiées du VIH par les pharmaciens de ville.

 

La PrEP, comment ça marche ?
La prophylaxie préexposition ou PrEP s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH. Elle consiste à prendre un médicament afin d’éviter de se faire contaminer. Comme tout médicament, la PrEP doit être prescrite par un médecin habilité et nécessite un suivi.

La PrEP, un traitement préventif efficace ?
Plusieurs études françaises et internationales ont prouvé́ l’efficacité́ de la PrEP en prise continue et en prise à la demande : Proud (Royaume-Uni), ANRS-Ipergay (France, Canada) .... Ces recherches ont été́ menées principalement chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) mais certaines ont aussi concerné́ des personnes trans et des couples hétérosexuels. Tous ces essais montrent que quand le médicament est bien pris selon le schéma indiqué, le risque de contamination est infime.

La PrEP, une protection pour les IST ?
Il est important de souligner que la PrEP protège du VIH mais pas d’autres infections sexuellement transmissibles (IST). La PrEP doit donc être accompagnée d’un suivi renforcé et individualisé en santé sexuelle : préservatifs, vaccinations, dépistages réguliers des IST, tests de grossesse, contraceptions.
 

Une diminution du nombre de nouveaux diagnostics VIH


En 2018, le nombre de nouveaux diagnostics VIH a diminué de plus d’un tiers par rapport à 2017. Difficile de ne pas faire le lien avec une augmentation très importante de la PrEP sur Montpellier (près de 3 fois plus), principalement grâce à l’implication du CeGIDD et du Département des Maladies Infectieuses. Les dernières données de fin 2018 ont estimé à 367 personnes consultants PrEP. Ces résultats semblent se confirmer en 2019. 
Cependant, les défis sont encore nombreux. Cette baisse de nouvelles contaminations VIH concernent principalement les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) nés en France. C’est un premier pas, mais le plus difficile reste à faire : faire diminuer les nouvelles contaminations dans les autres populations exposées et plus éloignés du système de soin comme les personnes nées à l’étranger, hétérosexuelles, hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), ou personnes en situation de précarité.

 

" M sans SIDA" est ainsi une stratégie cohérente et diversifiée permettant de mobiliser les acteurs et les ressources du territoire pour mieux répondre aux enjeux à venir de la lutte contre le VIH et de parvenir au contrôle de l'épidémie."