Innovation

Quand l’intelligence artificielle s’invite au CHU de Montpellier

Le 1er patient a été accueilli le 25 février 2020 sur le scanner AQUILON One PRISM à l’Hôpital St-Eloi dans le département de Radiologie Diagnostique et Interventionnelle du Pr Boris Guiu.

Publié le

Service : Radiologie diagnostique et interventionnelle Saint Eloi

Ce scanner est le 2ème de France, le 5ème d’Europe et le 13ème au monde.

Il marque une rupture technologique car il embarque des algorithmes d’intelligence artificielle pour reconstruire des images d’excellente qualité à partir d’images réalisées avec une très faible dose de rayons X. Grâce à des algorithmes de deep learning dans lesquels un réseau de neurones artificiels s’adapte et apprend à partir d’une grande quantité de données fournies en usine, les images sont reconstruites pratiquement en temps réel pour une utilisation pratique pour tous les patients au quotidien. Il en résulte à la fois des images de bien meilleure qualité avec un meilleur contraste et la possibilité de réduire l’épaisseur de coupes à 0,5mm sur toutes les acquisitions pour des analyses plus fine, ceci de surcroit avec une irradiation nettement plus faible.
 

Ce scanner permet également d’utiliser l’imagerie spectrale en routine. Grâce à un système dit de fast-Kv switching avec adaptation automatique de l’exposition aux rayons X, ces acquisitions permettent de rehausser les contrastes  et de mieux caractériser les tissus, par exemple bien séparer les structures qui prennent le contraste (ex : tumeur) de ceux qui ne prennent pas (ex : kyste). Ceci permet d’éviter des examens supplémentaires comme une échographie et une IRM.

Enfin ces possibilités peuvent être combinées entre elles, notamment via des soustractions avec recalage élastique permettant de donner des cartographies couleur d’iode, très utiles à la détection comme à la caractérisation des tissus.

L’imagerie spectrale est en plein développement ouvrant des perspectives d’avenir enthousiasmantes au travers d’un partenariat signé avec la société CANON.

Ces nouvelles possibilités ont augmenté la quantité d’image produite pour chaque scanner d’un facteur 2 à 4, nécessitant pour le radiologue de passer plus de temps à les lire et les interpréter mais rendant l’imagerie scannographique à la fois plus précise, plus informative mais aussi plus attractive qu’avant.

Il faut souligner l’enthousiasme et la capacité d’adaptation remarquable de l’équipe médicale et paramédicale à ce nouvel outil qui change nos pratiques.