Cancérologie

La ‘‘biopsie Liquide’’ dans les cancers solides : Focus sur les Cellules Tumorales Circulantes

Le Laboratoire Cellules Circulantes Rares Humaines (LCCRH) bénéficie d’une expertise scientifique et technique dans l’exploration de la maladie résiduelle en cancérologie et notamment l’identification et la caractérisation des cellules tumorales circulantes. Cette structure travaille sur des pistes innovantes de traitement faisant du CHU de Montpellier un expert international dans cette thématique

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Service : Biologie des Tumeurs solides

Dans les cancers solides, après la formation et la croissance de la tumeur primaire, certaines cellules tumorales plus agressives se décrochent activement de celle-ci et voyagent alors dans le compartiment circulant pour atteindre des organes à distance (moelle osseuse, foie, poumon, cerveau…) et constituer de nouveaux foyers tumoraux ou micrométastases. On appelle ces cellules « les cellules tumorales circulantes » (CTCs).  Détecter les CTCs dans le sang s’avère très pertinent pour évaluer la progression tumorale mais aussi prometteur en termes de pronostic de la maladie cancéreuse, de suivi thérapeutique, d’anticipation des rechutes métastatiques, d’identification de cibles thérapeutiques et de résistance aux traitements. 

 

Biopsie liquide : une prise de sang pour un diagnostic

Le terme de biopsie liquide a été publiée pour la première fois en 2010 par Pantel & Alix-Panabières dans le Trends Mol Med. Il définit un test sanguin non invasif extrêmement sensible, permettant la détection des CTCs (1 CTC pour 7,5 ml de sang). Il est réalisable en temps réel et de manière répétée au cours du traitement et du suivi des patients.
 

TROIS AXES DE RECHERCHE

Actuellement, le LCCRH mène de nombreux travaux qui s’articulent autour de trois axes interconnectés : 
•    Le développement technologique pour la détection et la caractérisation des CTCs ;
•    La recherche fondamentale pour la compréhension de la biologie de la cascade métastatique et la découverte de nouveaux biomarqueurs clé dans le processus métastatique ;
•    La recherche translationnelle avec de nombreuses études cliniques aux niveaux national et Européen.

Parmi les études cliniques menées au CHU, l’essai STIC CTC financé par l’INCa a pu démontrer l’utilité clinique du comptage des CTCs dans la prise en charge du cancer du sein métastatique à l’aide de techniques innovantes et couteuses. C’est une première au niveau international et ses résultats viennent d’être publiés dans JAMA Oncology (Bidart et al. JAMA Oncol 2020). Cette dynamique a permis à l’équipe montpelliéraine de solliciter l’évaluation de « la détection des CTCs dans le cancer du sein métastatique pour le choix de la stratégie thérapeutique en première ligne » comme acte de biologie médicale au sein de l'HAS.

Tous les efforts de Catherine Alix-Panabières et de son équipe ont été récompensés par la publication de plus d’une centaine d’articles scientifiques dans des journaux prestigieux dont un article dans Nature en 2020, le dépôt de 3 brevets internationaux, ainsi que la mise en place de nombreuses collaborations scientifiques locales, nationales et internationales dans la perspective de proposer bientôt une médecine personnalisée de la maladie cancéreuse.

Aujourd’hui, la biopsie liquide implique également l’analyse d’autres biomarqueurs circulants, aussi, le LCCRH est déjà fortement impliqué dans l’analyse des vésicules extra-cellulaires (exosomes), de l’ADN tumoral circulant, des microARN circulants, des plaquettes éduquées par la tumeur, ainsi que du système immunitaire en tant que microenvironnement circulant. L’analyse d’autres fluides biologiques (comme le liquide céphalo-rachidien, l’urine, la salive) est une de leur autre piste de travail.

 

 

Composition du Laboratoire Cellules Circulantes Rares Humaines : 
- Catherine Alix-Panabières, MCU-PH, Responsable du laboratoire
- Laure Cayrefourcq, Ingénieur et en thèse de sciences
- Françoise Garima, Technicienne hospitalière
- Martine Mazel, Assistante ingénieur
3 étudiants en thèse de sciences : Zahra Eslami ; Luis Cortes ; Magali Boyer ; 1 étudiant en Master 1 BIOTIN : David Frizon-Peresa.